Vingt-cinq années de consultation m’ont permis de découvrir un fait troublant : tout personne désire quelque chose, mais ce désir n’a rien à voir avec ce dont elle a réellement besoin.

J’aborde régulièrement ce sujet avec mes clients. Je sais très bien que ma façon de « voir » le monde les ébranle, mais je pense que c’est une réflexion qui se veut utile. Voici un exemple de la manière dont s’oriente, en général, ce genre de discussion avec mes clients :

« Denis, je veux pouvoir courir 10 km d’ici 3 mois, reprendre la natation et faire de la musculation. Je pense à un triathlon d’ici un an.

  • Tes objectifs sont louables, mais tout ça n’a rien à voir avec ce dont tu as besoin.
  • Pourquoi me dis-tu ça, je ne comprends pas ?
  • C’est simple, tu récupères actuellement d’un problème de santé, tu éprouves encore de la difficulté à t’alimenter correctement et tu ressens encore beaucoup de fatigue. Donc, ce que tu veux n’est pas ce dont tu as besoin.
  • Mais, je dois reprendre le cours de ma vie normale.
  • Je comprends bien, mais ce que tu me décris n’est pas une vie normale, c’est une vie de superhéros. Tu es encore loin d’être capable d’accomplir tout ça.
  • Mais je veux…
  • Je sais ce que tu veux, mais ce n’est pas ce dont ton corps a besoin.
  • Mais, il faut que je me remette en forme,
  • Oui, mais ce que tu veux t’épuisera. Ce n’est pas ce dont ton corps a besoin.
  • Et de quoi a-t-il besoin, mon corps ?
  • De refaire ses réserves énergétiques et de prendre le temps de guérir. Pour ça, tu dois mieux gérer ton alimentation et ne pas faire plus de 30 minutes d’exercice de basse intensité 4 fois par semaine.
  • Mais voyons Denis, c’est ridicule.
  • De ton point de vue bien sûr, mais c’est tout simplement ce dont ton corps a besoin et tant que tu ne l’accepteras pas, tu risques de payer le prix fort pour obtenir ce que tu veux. »

Vouloir se surpasser. Accomplir l’impossible. Viser la perfection dans toutes les sphères de notre vie. Tant de désirs, pour lesquels nous nous épuisons au détriment de qui nous sommes réellement, et ce dont nous avons le plus besoin. Malheureusement, ce mode de pensée semble devenu une constante normale dans notre société.

Peu importe que ce soit l’âge ou l’expérience qui m’amène à remettre constamment en question ce « mode » de pensée, je trouve nécessaire de s’interroger. En fait, devrais-je plutôt dire, de se poser la bonne question : ce que je désire est-il ce dont j’ai besoin ?

Je crois que ça vaut la peine de s’arrêter quelques minutes chaque jour pour y réfléchir.