Tout le monde (ou presque) veut maigrir. Mais, rares sont les personnes qui perçoivent la réalité de ce que cela implique vraiment. Dieu lui-même n’y est pas parvenu.

Au début, je ne sais ni pourquoi ni comment, Dieu créa la motivation. Cette forme de pensée étrange qui laisse croire à l’être humain que « cette fois-ci » il réussira.

Puis Dieu créa le temps. Le temps nécessaire pour que la motivation se dissipe. Selon mes calculs, environ 12 jours…

Dans son immense sagesse, afin de tester la force intérieure de chaque être humain, il inventa par la suite la tentation.

Mais, IL n’avait pu prévoir ce que l’être humain inventerait. Un outil d’une puissance inouïe qui lui permet de demeurer aveugle à son échec. Même lorsqu’il ne peut plus nier l’évidence de l’échec, cet outil lui permet de se rassurer lui-même. Encore plus extraordinaire, il lui permet de croire que ce n’est pas de sa faute. Oui, l’être humain a inventé un outil plus puissant que tout ce que Dieu lui-même aurait pu concevoir : une excuse.

Dieu fut donc déstabilisé par l’inventivité de sa création humaine. Toutefois, voulant à tout prix qu’il réussisse, il mit donc sur son chemin les outils nécessaires pour accomplir ses plus grands rêves. Mais encore une fois, Dieu ne s’attendait pas à un tel potentiel « créatif » chez l’être humain.

Ainsi, alors que la société évoluait et que l’abondance devenait accessible à tous, l’être humain fut subjugué par le confort des « bénéfices secondaires ». Il pouvait rester assis à ne rien faire sans plus ne jamais souffrir de la faim. Il pouvait se goinfrer avec ses amis jusqu’à s’en exploser la panse. Il pouvait perdre volontairement ses capacités physiques, car il savait que quelqu’un d’autre le nourrirait ou s’en occuperait. Il apprenait donc qu’il n’était pas si utile de faire des efforts pour recouvrer ou entretenir sa santé.

Et Dieu s’est alors imaginé que le désir de réussite de l’être humain le ramènerait sur le droit chemin. Mais encore une fois, Dieu n’avait pas prévu les liens que sa création inventerait. Donc, le pire qui devait arriver arriva, l’être humain combina « excuses » et « bénéfices secondaires ».

Ainsi, l’être humain pouvait dépérir tout en éprouvant du plaisir, le tout sans penser qu’il était lui-même à l’origine de sa décrépitude corporelle.

Mais Dieu continuait de croire, et il s’est dit que l’être humain réagirait et se reprendrait en main lorsqu’il constaterait que sa santé en souffrirait inévitablement.

Malgré son infinie sagesse, Dieu eut tort encore une fois. Tant de plaisirs immédiats, tant d’avantages à se vautrer dans son sofa à ne rien faire ; le tout accompagné d’excuses lui retirant toute responsabilité sur sa santé ; l’être humain, maintenant totalement aveugle face à l’évidence, finit par se croire invincible.

Devant ce désastre inattendu, Dieu arrêta la planète de tourner une nanoseconde, pas assez longtemps pour l’affecter, mais suffisamment pour qu’il puisse en débarquer.