Évolution dans la compréhension du métabolisme

Mes premières expériences avec l’analyse du métabolisme ont commencé en 1993 dans le laboratoire de physiologie de l’effort à l’Institut de cardiologie et de pneumologie de l’Université Laval. À cette époque, l’étude du métabolisme à l’effort s’avérait une procédure courante, mais l’étude du métabolisme de base s’effectuait plus rarement.

De cette période, jusqu’en 2015, j’ai utilisé pour mesure le métabolisme de base d’un appareil appelé analyseur de gaz respiratoires. C’était l’outil par excellence pour en arriver à mesurer le métabolisme.

Mais, cet outil nous donne des informations de base à un moment précis : nombre de calories dépensées et quantité de glucides et lipides brûlés au repos. Bien qu’obtenir l’information sur ces valeurs s’avérait d’une utilité incroyable, je me suis rendu compte au fil des années des limites qu’elles imposaient.

Ainsi, voir le métabolisme comme un simple chiffre associé à des calories dépensées amenait une erreur fondamentale, soit ignorer qu’il détermine la façon dont le corps gère et exploite ses réserves énergétiques, et reflète ses tentatives d’adaptation aux demandes qu’il subit.

Oui, le métabolisme s’adapte, change, régresse, ou s’améliore en temps réel en fonction de différentes conditions auxquelles il est soumis. Il s’agit d’un magnifique système dynamique.

À ce jour, j’ai effectué environ 15 000 tests de métabolisme (au repos et à l’effort). Comme le but de mesurer quelque chose comme le métabolisme est d’arriver à déterminer ce qui peut améliorer son efficacité, j’ai alors cherché à comprendre… à mieux comprendre ces facteurs ou demandes qui influencent le métabolisme.

Les demandes qui influencent votre métabolisme

Derrière chaque métabolisme, il y a un être humain. Que je l’écrive de cette manière peut vous sembler absurde, mais cette vision a été la base d’une compréhension plus globale du métabolisme pour moi. 

Bien que nous préférions croire que nous sommes invicibles et que rien ne nous affecte, il en est bien autrement en réalité. Notre corps est un système de communication complexe géré par deux systèmes principaux : le système nerveux et le système hormonal.

Toute demande qu’il s’agisse de la présence de stress ; du manque de sommeil ; d’exercice physique ; d’une augmentation ou une diminution de l’apport calorique ; d’une consommation excessive de sucres libres ; d’un problème de santé comme l’arthrite, l’hypothyroïdie, etc. influence la manière dont le métabolisme utilisera et redirigera l’énergie qui provient de protéines, lipides et glucides consommés.

Pour répondre à l’ensemble des demandes (physiques et mentales) que nous subissons au quotidien, notre métabolisme doit gérer et répartir les réserves énergétiques (protéines, lipides et glucides) à sa disposition. Nous vivons, pensons et bougeons grâce à nos réserves énergétiques.

C’est ainsi qu’au fil des milliers de tests et d’entretiens avec mes clients, j’en suis arrivé à saisir cette dimension cachée du métabolisme se dévoilant derrière le chiffre qui l’exprime en termes de calories. Le métabolisme de base ne se résume donc pas à 1500 calories par jour. 

Les pensées que nous entretenons ; la qualité desaliments que consommons ; le stress, la douleur ou l’anxiété que nous vivons ; notre niveau de condition physique ; notre activité hormonale ; la qualité de notre sommeil ; la joie ou la solitude qui habitent notre vie ; le calme qui nous habite ; la course effrénée vers l’atteinte de nos objectifs ; l’épuisement qui nous envahit parfois… tout cela détermine l’état de notre métabolisme. En fonction de ce que nous vivons, il se renforce ou s’affaiblit.

Les cellules adipeuses qui stockent les graisses

Et puis, il y a ces cellules dont on ignorait il y a à peine quelques années leur fonction véritable. Alors que la plupart des gens imaginent les cellules adipeuses comme des réservoirs de stockage de gras, elles se révèlent en fait être des glandes qui sécrètent des hormones, réagissent à d’autres hormones et répondent aux signaux du système nerveux auquel elles sont en interrelation grâce à d’innombrables connexions nerveuses.

Tous les systèmes de notre corps communiquent entre eux. Et, ils se communiquent entre eux ce que les exigences de l’environnement imposent. Et, ils se communiquent entre eux ce que nos pensées (positives ou négatives) nous imposent d’accomplir.

Alors, un seul chiffre pour exprimer ce qu’est le métabolisme ? Bien sûr que non. Il faut aller plus loin.

Une nouvelle façon de mesurer et comprendre le métabolisme

Pour comprendre le métabolisme, la base demeure : estimer le chiffre que représente le mieux la dépense énergétique générale de votre corps au repos. Ces milliers de tests que j’ai réalisés m’ont révélé des connaissances importantes :

Les métabolismes très élevés sont d’une rareté impressionnant. En fait je me souviens de deux métabolismes exceptionnellement plus élevés que la valeur attendue.

Le métabolisme d’environ 95 % de la population se situe en deçà de 2000 calories par jour.

Les métabolismes lents se présentent en réponse à une hypothyroïdie, une diète sévère, un faible niveau de condition physique en raison de la sédentarité, une mauvaise qualité de sommeil, un niveau de stress ou de fatigue élevé.

Mais aussi, ces mêmes tests m’ont amené à me poser des questions cruciales auxquelles j’ai voulu apporter des réponses :

Pourquoi une personne avec métabolisme normal engraisse-t-elle même si son alimentation est parfaite ?

Pourquoi l’exercice prolongé de haute intensité favorise-t-il chez certaines personnes le stockage des graisses ?

Pourquoi les douleurs chroniques amènent-elles dans bien des cas la redirection du gras vers les cellules adipeuses ?

Pourquoi les rages de sucre se manifestent-elles ?

Pourquoi le métabolisme de base d’une personne oscille-t-il parfois de façon considérable d’une journée à l’autre ?

La réponse à la question la plus importante de toutes...

Mais, le but ultime est de répondre à la question finale. Quelles sont les conditions qui permettront à votre corps de retrouver l’équilibre énergétique qui vous permettra de brûler du gras (maigrir) et de réagir de façon optimale ?

Autrefois, l’analyse du métabolisme n’était qu’un chiffre obtenu à un moment donné dans le temps.

 Aujourd’hui, j’intègre l’analyse des différents éléments qui influencent l’état et l’utilisation de vos réserves énergétiques. Pour ainsi arriver à retrouver l’équilibre dont votre corps a besoin pour retrouver votre poids santé et améliorer votre niveau d’énergie global, je propose à mes clients d’entreprendre un processus qui leur enseigne comment atteindre cet équilibre.

C’est bien entendu un processus qui nécessite à mes clients de s’impliquer, réfléchir et analyser leur style de vie et modifier leurs habitudes de vie. Mais rappelez-vous, votre métabolisme est bien plus qu’un simple chiffre, c’est le reflet de la manière dont votre corps répond aux différentes demandes qui lui sont imposées.

Mesurer le métabolisme implique donc aujourd’hui de comprendre et d’observer l’évolution de votre vie, jour après jour. C’est une méthode globale, évolutive et nettement plus réaliste et efficace.


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