L’arnaque de l’entraînement de haute intensité

Toi, mon téléspectateur, tu m’as écrit ce qui suit : « Mais Denis, les recherches scientifiques démontrent que l’entraînement de haute intensité est supérieur pour améliorer la condition physique et favoriser la perte de poids à un entraînement de basse intensité. » 

D’accord. Mais dis-moi, mon téléspectateur, sois honnête avec moi. Quand as-tu lu une de ces recherches scientifiques pour la dernière fois? Et si tu en as lu une, as-tu pu mettre en perspective son contenu? Laisse-moi t’expliquer. Qui effectue les recherches scientifiques généralement, sur l’entraînement? Les universités. Qui sont les sujets que recrutent les universités? Les étudiants de 18 à 24 ans. Parce qu’ils sont à portée de main. Ils sont abondants. Ces études se font sur quelle période de temps? Sur des périodes de 12, 16 ou 20 semaines. Quelles conclusions en tire-t-on? Que l’entraînement de haute intensité améliore la condition physique et favorise la perte de poids davantage que l’entraînement de basse intensité.

Mais, est-ce que cela veut dire que l’entraînement de basse intensité n’a pas permis d’améliorer la condition physique et n’a pas permis une perte de poids? Absolument pas. Tout ce que l’on constate, très souvent, c’est qu’on observe statistiquement parlant, une certaine supériorité à l’entraînement de haute intensité. 

Allons-y plus précisément au niveau de la mise en perspective de ces données. Est-ce qu’une personne de 18 à 24 ans, en parfait santé, a selon vous les mêmes capacités, le même fonctionnement métabolique qu’une personne de 35, 45, 50 ou 55 ans? Non! Est-ce qu’on peut prendre les conclusions de la recherche, ou de ces recherches et les appliquer systématiquement et en tout temps à une personne de 50 ans? Absolument pas! La santé, la condition physique, la capacité d’adaptation ne sont pas les mêmes. Une personne de 18 à 24 ans à tous les points de vue sera supérieure à une personne de 50 ans. 

Maintenant, ces recherches sont effectuées sur une période de 12, 16 ou 20 semaines. Et les recherches démontrent une certaine supériorité à l’entraînement de haute intensité. Mais, qu’est-ce que font les gens, maintenant, parce qu’on voit une certaine supériorité? Les gens se disent ça y est, la recette est là, on va entraîner tout le monde, en tout temps, à haute intensité.

Mais ces recherches n’ont pas démontré qu’entraîner une personne de 35, 40, 45 ou 50 ans à haute intensité en tout temps produit des résultats. La recherche a démontré que, chez des personnes de 18 à 24 ans en bonne santé, sur une période de 12, 16 ou 20 semaines, on perçoit de meilleurs résultats. 

Mais, il y a un engouement pour l’entraînement de haute intensité. Et qu’est-ce que tout le monde fait? On généralise. Wow! On va entraîner tout le monde, en tout temps, à haute intensité, peu importe leur âge, peu importe leur niveau de condition physique, peu importe leur état de santé. 

Est-ce que ça vous semble logique lorsque je vous présente ces faits de cette manière? Absolument pas! Alors, pourquoi vous entraîner en tout temps à haute intensité? Faites-vous partie de ces personnes qui s’entraînent à haute intensité en tout temps, quatre fois, cinq fois, six fois, sept fois par semaine, et qui réussissent à engraisser? Il y en a beaucoup, parmi vous. Il y a donc un problème. Le problème est que le corps humain ne peut pas s’adapter à un entraînement constant, à haute intensité. L’entraînement à haute intensité bien ponctué, bien planifié au fil du temps, produira de bons résultats. 

Mes athlètes d’élite ne s’entraînent même pas à haute intensité en tout temps. Qui le fait? Toi, mon téléspectateur. Parce qu’on t’a fait croire que s’entraîner en haute intensité en tout temps était la recette. Et tu y crois dur comme fer. Tu es convaincu. Mais pour toi, aujourd’hui, j’ai réalisé l’impossible. Je te présente des chiffres, à partir de tests effectués à mon laboratoire. Je te présente une dépense calorique à la minute pour une personne sédentaire, une personne active et une personne en forme. 

Si on regarde le tableau. Si j’entraîne une personne sédentaire dans la zone où elle brûle des lipides, donc dans une zone d’intensité légère à modérée, elle dépensera 7 calories à la minute. Imagine qu’en moyenne, le métabolisme de base se situe à environ 1 calorie à la minute. Donc, du repos à une intensité légère à modérée, la personne passera d’une dépense calorique de 1 calorie à la minute, à 7 calories à la minute. 

Maintenant, je sais que dans ton esprit, tu t’imagines que plus tu t’entraînes à haute intensité, que plus ta fréquence cardiaque augmente, plus tu dépenses de calories. Non! Dès que tu franchis ta zone où tu brûles le plus de gras, ta courbe de dépense énergétique s’aplatit. Donc, ta fréquence cardiaque continue d’augmenter, pour une dépense énergétique de plus en plus faible. Ainsi, si tu passes d’une zone d’intensité légère à modérée, et que tu es une personne sédentaire, tu passeras d’une dépense énergétique de 7 calories à la minute à 11 calories à la minute, soit une différence de seulement 4 calories à la minute. 

Si tu es une personne active, ta dépense énergétique dans la zone où tu brûles le maximum de lipides qui est, je le répète, une zone d’intensité légère à modérée, tu dépenseras 9 calories à la minute, et à l’effort maximal, tu dépenseras 14 calories/minute, soit seulement une différence de 5 calories à la minute. Du repos, tu seras passé de 1 calories/minute à une dépense de 9 calories/minute et de ta zone d’intensité légère à modérée, jusqu’à ta capacité maximale, tu passeras seulement de 9 calories à la minute, à 14 calories à la minute. Et si tu es une personne en forme, qui s’entraîne 5 à 8 heures par semaine, tu passeras de 14 calories à la minute dans ta zone d’intensité légère à modérée, où tu brûles des lipides, à 19 calories/minute, à l’effort maximal, encore une fois une simple différence de 5 calories à la minute. Ce n’est donc pas vrai, que plus ta fréquence cardiaque augmente, plus tu dépenses de calories. Chiffres à l’appui.

Maintenant, dans d’autres courriels, tu m’as dit, mon téléspectateur, « Mais Denis, s’entraîner à haute intensité pendant 10 minutes permet de dépenser beaucoup plus de calories qu’une marche de 30 minutes. » Est-ce vrai? Chiffres à l’appui, juste pour toi encore mon téléspectateur, regarde ça. Prenons une personne sédentaire comme exemple, encore une fois. Dans la zone d’intensité légère à modérée, où tu brûles le plus de lipides, tu dépenses donc 7 calories à la minute. Si tu t’entraînes pendant 30 minutes, tu fais une marche d’intensité légère à modérée, pendant 30 minutes, dépensant 7 calories à la minute, en 30 minutes tu auras donc dépensé 210 calories. Mais si tu t’entraînes à très haute intensité, presqu’à ton maximum, ton maximum étant de 11 calories/minute, mais tu ne pourrais pas tolérer 10 minutes à une telle dépense énergétique, je baisse un peu ta dépense énergétique et j’estime que tu es capable de tolérer une intensité de 10 calories à la minute pendant 10 minutes. Tu dépenseras 100 calories. 

Qui gagne? La marche. Eh bien tu me diras « Mais Denis, en 10 minutes, j’ai eu le temps de pousser la machine et d’obtenir des résultats. »  Non, pas vraiment. 

Vous êtes beaucoup mieux de vous entraîner à basse intensité sur une plus longue durée afin de permettre à votre corps de s’adapter à la demande physiologique qui provient de l’exercice. Et si on veut faire le comparatif final, et que vous me dites « Denis, si je réussis à m’entraîner pendant 30 minutes à haute intensité? » encore une fois vous ne pourriez pas tolérer le maximum de votre capacité pendant 30 minutes, imaginons que vous puissiez tolérer une dépense de 10 calories à la minute pendant 30 minutes, vous auriez dépensé 300 calories, seulement 90 calories de plus que la marche. 90 calories à souffrir, à vous épuiser. Et, vous épuisant ainsi entraînement après entraînement, vous induisez un stress physiologique à votre corps, tel qu’il arrivera un moment où il ne pourra plus s’adapter et que vous vous mettrez à stocker du gras pour survivre à ce stress intolérable.

Selon moi, de la manière dont on vous présente l’entraînement de haute intensité, c’est une arnaque! Il est temps de vous mettre à réfléchir sur la manière de vous entraîner adéquatement, efficacement et intelligemment. 

Sur ce, si vous avez des questions, si vous êtes en panique, si vous êtes déstabilisé, si vous êtes enragé par tous ces chiffres probants de vérité, n’hésitez pas à m’écrire, et ça va me faire plaisir de vous répondre. Mais d’ici là, même si vous êtes troublé, totalement déstabilisé, prenez le temps de réfléchir. Mettez les choses en perspective. 

Sur ce, a un prochain épisode!

Vous pouvez m’écrire à l’adresse suivante : info@denisboucher.com ou visitez le www.denisboucher.com

Merci d’avoir été là!

 


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