Julie (nom fictif) éprouve depuis son adolescence des problèmes avec son poids. Au fil des années, c’est malheureusement devenu pour elle une obsession. Chaque fois qu’elle se pèse, elle vit une profonde déception, car les résultats tant souhaités ne sont pas au rendez-vous.

Elle a, comme tant d’autres personnes, essayé tous les régimes possibles et tous les programmes d’entraînement promettant des résultats quasi miraculeux. Mais, rien n’y fait, elle n’arrive pas à perdre du poids. C’est ainsi depuis des années.

Puis un jour, Julie prend connaissance de toutes les choses épouvantables que je raconte sur la perte de poids. Des affirmations bizarres telles : « Il faut manger pour maigrir » ou « Il est inutile de s’épuiser à l’entraînement ». Elle se dit que cette notion d’équilibre de vie comporte peut-être la solution à son problème.

Alors, Julie me consultes et j’établis pour elle un plan personnalisé. Celui-ci vise, au départ, à fournir à son métabolisme l’équilibre dont il a besoin pour brûler du gras, et ainsi maigrir. Il implique pour elle d’augmenter son apport calorique et d’oublier l’exercice à haute intensité.

Elle doute et elle est stressée, car elle a peur d’engraisser. Je lui explique qu’elle doit se donner quelques semaines afin de percevoir les changements. Son métabolisme ne pourra réagir instantanément. J’insiste donc sur le fait que la perte de poids risque de ne pas être présente avant 3 ou 4 semaines.

Après deux semaines, c’est la panique. Elle n’a perdu qu’une seule livre (450 grammes). Pour moi, c’est nettement mieux que ce à quoi je m’attendais. Mais Julie est déçue, elle voulait maigrir plus vite.

Alors, je lui explique que ces résultats sont très encourageants, même si la perte de poids est lente. D’ailleurs, cela faisait des années qu’elle n’avait pas perdu un seul gramme et là elle y arrivait enfin.

Mais cela ne plaît pas à Julie. Elle me demande si elle peut s’entraîner davantage. Je lui dis qu’elle doit respecter le plan et que revenir à ce qu’elle faisait auparavant était totalement inutile. « J’aimerais diminuer mes calories dans ce cas », me dit-elle. Mais je tente de lui faire comprendre que ça ne fait aucun sens à la lumière de résultats actuels.

Toutefois, il devient clair pour moi que Julie ne réfléchit pas logiquement face à sa perte de pois. Elle se sent tout simplement impuissante et ne fait que tenter d’éviter le pire. Et à quel comportement conduit ce désir d’éviter le pire ? À changer de stratégie de perte de poids aussi souvent que possible.

Une journée, Julie intègre les bananes dans son alimentation, le jour suivant elle lit sur internet que les bananes font engraisser et elle n’en mange plus. Elle fait de la course à pied, puis une de ses amies lui dit qu’elle a maigri en courant avec un sac de poubelle qu’elle enfile autour d’elle avant d’aller courir et Julie court maintenant avec un sac de poubelle en guise de chandail.

Non, Julie ne réfléchit pas, elle veut maigrir à tout prix et cela implique de tester toutes les conneries possibles en rafale.

Un mois plus tard, Julie est rendue à une perte de 2 lb (900 grammes). Mais ce n’est pas assez vite, elle panique.

Et je lui explique : « Julie, dans les dernières années tu n’as pas réussi à perdre un seul gramme. Depuis le dernier mois, tu perds au rythme d’une demi-livre (450 grammes) par semaine. C’est lent je le sais, mais à ce rythme, dans 15 mois tu auras atteint ton objectif, sans t’épuiser à l’entraînement, ni souffrir de la faim. Ça ne te semble pas enfin la recette du succès que tu souhaitais tant ? »

Mais Julie ne voit que ses échecs du passé se refléter même à travers les résultats qui lui démontrent qu’elle progresse vers son objectif. Pour elle, il n’existe dans son esprit que l’échec. La réussite est une impossibilité. Elle ne conçoit aucunement qu’elle puisse réussir.

Alors, elle succombe de nouveau à sa peur de rester « grosse » et change de nouveau de stratégie aussi souvent que possible. Et que pensez-vous qu’il se produise ?

Ainsi, Julie a échoué de nouveau sa perte de poids parce qu’elle a tenté de minimiser sa panique en exploitant à répétition des stratégies totalement inefficaces, pour ne pas dire stupides, de perte de poids.

Tant qu’elle ne comprendra pas qu’elle doit gérer le fonctionnement de son métabolisme et non sa panique, elle adoptera des comportements destructeurs qui la conduiront d’échec en échec. Elle entretiendra tout simplement son problème de poids tant qu’elle ne comprendra pas ce qu’elle doit vraiment changer.

Perdre du poids implique un travail sur soi-même bien plus imposant qu’on ne l’imagine.

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