Comment repousser quelques limites en toute simplicité

Comment repousser quelques limites en toute simplicité

Nous voulons tous progresser, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel. Cependant, nous sommes parfois confrontés à des limites que nous croyons infranchissables.

Alors, nous cherchons des techniques, des méthodes, des approches « innovantes » pour abattre nos barrières.

Quelques fois, cela fonctionne, mais souvent, nous stagnons parce que nous ne comprenons pas ce qui nous empêche d’avancer.

Pour comprendre, il faut saisir la manière dont notre cerveau fonctionne.

Pour que quelque chose existe dans mon esprit, je dois être capable d’en parler. Pour être capable d’en parler, mon cerveau (tout comme le vôtre) doit classer les choses dans des catégories. Un homme, une femme, une voiture, un avion, une porte, un bureau, un imbécile, un prétentieux, un risque, un danger, gentil, beau, méchant, etc., sont des exemples des nombreuses catégories que nous exploitons.

Chacune est une façon de simplifier le monde et d’emprisonner à l’intérieur de limites un événement, un objet ou une personne. Les catégories deviennent des croyances quant au fonctionnement du monde.

Et, une croyance possède le pouvoir de nous laisser croire qu’elle reflète la réalité et qu’elle est immuable.

Nous pensons que surpasser nos limites repose sur une technique spéciale, connue et maîtrisée par quelques rares personnes sur la planète, quand, en réalité, cela repose sur notre capacité à remettre en question notre interprétation d’une personne, d’un objet, d’un événement.

À titre d’exemple, j’ai classé Jack dans la catégorie « idiot ». Cela fait en sorte que je rejette tout ce qu’il dit… parce que, selon mon décret, c’est un idiot… et ses idées ne valent pas la peine d’être entendues. En raison de ce cadre restrictif, je ne me rappelle pas qu’il a plus d’expérience que moi et qu’il a résolu des situations aussi difficiles que je rencontre bien avant moi. En fait, Jack possède déjà la solution au problème.

Emprisonné dans les limites de la catégorie, je suis devenu aveugle au potentiel de Jack, et c’est maintenant moi l’idiot de service. Heureusement, tant que je tiendrai mordicus à cette croyance, je ne m’en rendrai pas compte. L’égo du véritable idiot que je suis devenu est donc épargné, même si le monde autour de moi s’écroule.

Allons-y avec un autre exemple. Je vous accompagne à l’entraînement et vous demande : « Quelle charge maximale penses-tu pouvoir soulever ? » Vous répondez 100 lb.

Nous faisons plusieurs essais, et à 100 lb (votre limite affirmée) vous grimacez, poussez de toutes vos forces et c’est fini. Vous ne pouvez en faire plus.

Maintenant, je vous place dans un autre contexte. Je vous dis que votre limite (100 lb) n’est que subjective et que nous allons la dépasser facilement. Je vous guiderai, il vous suffira de forcer sans vous soucier de quoi que ce soit d’autre.

À chaque répétition, je varie la charge progressivement et vous encourage, sans vous préciser le poids que vous soulèverez. Ce simple stratagème fera en sorte que vous dépasserez de 10 à 20 % votre limite prédite.

Un dernier exemple. Vous affrontez les pressions du temps. Vous devez livrer un projet, qui prend du retard, à une date déterminée. Vous imaginez les pires conséquences si vous n’y arrivez pas. Vous imposez votre stress à votre équipe et lui mettez davantage de pression. Au lieu de réfléchir à des solutions, elle focalise sur les émotions négatives que vous lui imposez. Tous les membres perdent alors leur pouvoir de réflexion et le projet achoppe, tel qu’anticipé.

Dans bien des cas, briser une limite ne repose pas sur des efforts démesurés, mais sur la capacité de remettre en question les catégories dans lesquelles nous classons les choses.

Jack n’est pas qu’un simple idiot. C’est aussi un homme d’expérience sur qui je peux me fier pour trouver des solutions.

Un muscle atteindra toujours une limite maximale, mais d’ici là, sa capacité est au départ limité par un chiffre inventé. Pourquoi ne pas s’amuser avec ceux-ci et voir comment nos muscles réagiront.

Moins j’ai de temps pour accomplir une tâche et plus le stress augmente. Mieux vaut faire l’effort de se concentrer sur les étapes à franchir que sur les émotions négatives. Le stress a le droit d’exister, mais je ne suis pas obligé d’y perdre toute ma capacité de réflexion.

Il s’agit de se remettre en question au lieu de croire que le monde est régi par nos croyances (catégories).

Voir le monde sous une perspective différente ouvre la porte à de nombreuses possibilités.


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