
Comment se développe l’addiction alimentaire
Aussi loin que nous puissions remonter dans le temps, la majorité des programmes de perte de poids proposent soit une stratégie pour limiter le nombre de calories (diète) ou en dépenser davantage (exercice).
Avec le pourcentage de personne en surplus de poids ou obèses dans les pays industrialisés, nous devons nous rendre à l’évidence, ne considérer que les calories consommées ou dépensées est inefficace sur le long terme.
Les fondements énergétiques demeurent vrais cependant. Manger plus de calories qu’on en dépense entraîne une prise de poids.
La question que l’on devrait se poser alors est : pourquoi l’inverse ne fonctionne-t-il pas ? Oui, lorsque vous procurez à votre corps le juste apport en calories et faites un peu d’exercices, vous maigrissez, mais la vraie question est : pourquoi est-ce intolérable pour la plupart des gens ? Pourquoi en reviennent-ils à manger plus que leurs besoins énergétiques réels ?
La perte de poids ne se résume pas qu’à des calories
En fait, la plus grande erreur est de penser que la perte de poids se résume à des calories. Comme si nous pouvions réduire l’être humain à cette seule dimension. Bien que nous vivions grâce à l’énergie (calories) que nous consommons, nous ne pouvons ignorer que nos pensées, nos émotions, et l’environnement influencent nos réactions et nos comportements.
Nous vivons dans un environnement stressant. Nous sommes les produits d’un monde qui chérit la productivité, la réussite, et l’apparence. Mais tout ça repose sur l’idéologie qui nous pousse à toujours vouloir en faire plus, sans se soucier de nos désirs et de nos besoins émotionnels. Nous sommes, pour la société que nous avons créée, des robots faits de chair et d’os.
À toutes ces pressions sociales, s’ajoutent celles que nous nous imposons.
« Je dois faire douze heures d’exercice par semaine pour bien paraître. »
« Je dois faire 10 000 pas aujourd’hui. »
« Je dois manger sainement. »
« Je dois donner mon maximum au travail. »
« Je dois maigrir. »
« Je dois… Je dois… Je dois… »
À travers toutes ces exigences et ce stress, que devenons-nous ? Des gens anxieux, fatigués, épuisés et malades.
Le bouchon sur le volcan
Pire, même quand tous les signaux envoyés par notre corps nous indiquent que nous devons ralentir, nous écouter, nous respecter, prendre du temps pour nous et notre famille, nous n’écoutons pas. Nous mettons un bouchon sur le volcan en éruption dans l’espoir qu’il se taira. Mais arrive le moment où la pression est trop grande et que tout explose. Plus rien ne fonctionne pour nous.
Pourquoi sommes-nous ainsi ? Parce que la performance prime, pas nos émotions, pas notre bien-être. Et réfléchissez un instant, quelqu’un vous a-t-il déjà enseigné à gérer efficacement vos pensées, vos émotions et le stress ? Pour la plupart d’entre nous, la réponse est non.
Quand la nourriture devient un mécanisme de compensation
Pour compenser notre incapacité à faire face à ce monde auquel nous éprouvons de la difficulté à nous adapter, nous développons des mécanismes de compensation, ou des dépendances.
La nourriture est un de ces mécanismes. Une gratification immédiate qui permet à notre cerveau de libérer des neurotransmetteurs qui nous apaiseront pour une brève période. Mais, cela ne règle pas le problème à la source.
Si nous ne prenons pas le temps d’analyser et de comprendre nos émotions et nos pensées avec bienveillance, curiosité et honnêteté, nous tournons en rond.
Quand vient le temps de perdre du poids et que nous nous efforçons de mieux gérer notre alimentation, ce qui se résume bien souvent à de la privation extrême, nous affronterons l’inévitable. L’incapacité de résister aux tentations. Alors, l’interdiction de manger, jointe à notre incapacité à gérer le stress, exacerbe le problème. Nous mangeons encore plus. S’ajoute alors la culpabilité. Nous nous percevons tels des incapables, des gens sans volonté, et la honte nous accable. Il n’y a rien de sain dans tout ça.
Tant que nous ne comprenons pas la dynamique dans laquelle nous nous trouvons, le problème se répète et dure… parfois toute une vie.
L’étape qui vient avant la perte de poids
Si ce texte « vous parle », voici mon conseil. Oubliez pour le moment les diètes, et l’idée même de perdre du poids. Investissez du temps pour apprendre à mieux gérer vos pensées, vos émotions, et remettre en question ces valeurs de performance, de dépassement de soi et de perfection qui nous étouffent de l’intérieur. Consultez un professionnel de la santé pour vous guider si nécessaire.
Nous sommes avant tout des êtres humains avec des aspirations, et bercés par des émotions. Nous ne pouvons étouffer cela au profit d’un monde de performance, de stress et d’apparences, en pensant que tout cela est pour le mieux.
Tout est lié
Nous valons mieux, nous méritons mieux, et c’est notre devoir de faire ce qu’il faut pour reprendre contact avec nos besoins émotionnels. Le corps, l’esprit, les émotions et le métabolisme sont indissociables.
C’est bien sûr un travail sur soi qui nous servira pour le reste de notre vie. Le but n’est pas de rechercher la perfection ou l’illumination, mais de progresser vers un plus grand bien-être.
Perdre du poids est la conséquence positive du travail fait sur soi-même.

